Portrait de photographe #002 – Yann CIELAT

L’idée derrière la série “Portrait de photographe” est de mettre en avant le travail de photographes que j’apprécie et de constituer une galerie de portraits de photographes (mettre le photographe de l’autre côté de l’objectif). Aujourd’hui, portrait de Yann CIELAT.

Autoportrait de Yann CIELAT - © Yann CIELAT - Tous droits réservés.

Autoportrait de Yann CIELAT – © Yann CIELAT – Tous droits réservés.

La première photo ?
Première photo avec une intention de « photographe »… Aucune idée en fait, j’en shoote tellement qu’à un moment ça devient un peu bordélique dans ma tête. Mais la première vraie importante elle date de 2009. Une de mes premières photos de friche, une ligne de fuite très profonde dans un grand espace qui mélange des graffs, des ombres, beaucoup de textures. Elle est importante parce que je crois que c’est à ce moment-là que mon style s’est affirmé, que mon univers a commencé à se créer.

Ton dernier choc photographique ?
Il y a un mec que je suis depuis quelques temps, un photographe japonais, Tatsuo Suzuki, qui fait exclusivement de la street photography. Et à chaque fois il me scotche. Compo, traitement… Il déclenche toujours au bon moment. C’est très fort. Il a un style très identifiable, qui me parle beaucoup. En fait, je suis jaloux de ce mec-là !

Qu’est ce qui a déclenché ce besoin irrépréhensible de capturer la lumière ?
J’ai toujours été attiré par l’image, et j’ai très vite fait de la vidéo, jusqu’à avoir la chance d’en faire mon métier. Mais à un moment, il a fallu que je trouve un autre moyen de m’exprimer, parce que les lourdeurs de la vidéo (matérielles, logistiques, humaines…) commençaient à m’ennuyer. Et quand j’ai commencé la photo, ça a été une révélation. La liberté de m’exprimer artistiquement avec juste un APN, c’était complètement ce qu’il me fallait. J’ai toujours eu les yeux qui courraient partout, à chercher des éléments graphiques, des ambiances… Et maintenant je peux les shooter en quelques secondes. C’est venu tard, mais maintenant je suis complètement addict !

Au fond, qu’est-ce que tu cherches quand tu appuies sur le déclencheur ?
Déjà, je cherche à apaiser ma soif d’images. Ça fait partie de moi, j’en ai besoin. J’ai besoin de ma « dose ». Et s’il faut intellectualiser un peu ma démarche, alors appuyer sur le déclencheur signifie compléter le petit univers que je me suis créé. Il est très personnel, et j’espère très cohérent, du cadre au traitement. Que ce soit dans la rue ou dans une friche. Je cherche à laisser s’exprimer ma perception artistique des choses.

Des projets en gestation ?
Un projet avec une compagnie de théâtre, centré autour du monde de la boxe. Un bouquin aussi qui devrait sortir dans l’année, sur la série « Abstract Chaos » (avec Johann Lefebvre). Et des expos j’espère !!!! (C’est un appel au peuple).

Et si Photoshop n’existait pas ?
J’utiliserais Gimp:) Je ne sais pas, je ferais sans doute de la photo autrement. Mais c’est vrai que le traitement est une très grosse partie de mon boulot, et la photo brute est un matériau que je dois vraiment travailler pour avoir mon produit final. Quand je shoote, je sais déjà comment je vais traiter la photo.

Le photographe qui t’inspire le plus ?
Dur. Je ne sais pas. Ma culture est plus cinématographique que photographique. J’ai vu à la fin des années 90, « Le Dernier combat », de Luc Besson. Ce film a dû se faire une place de choix dans mon inconscient, parce que je l’ai revu après avoir commencé la photo, et ça a été un choc de voir à quel point mon travail en était inspiré.

Une photo que tu aurais aimé prendre ?
Trop compliqué. Je traîne pas mal sur les pages de photographes sur Facebook, et des photos que j’aurais aimé prendre, j’en vois tous les jours !

Bio express : J’ai bifurqué tranquillement de la vidéo à la photo et m’y suis mis sérieusement en 2009. J’ai commencé par la série « Abstract Chaos » avec Johann Lefebvre, qui nous a permis d’exposer plusieurs fois dans la région rouennaise. J’ai eu également l’occasion d’exposer à titre personnel, de donner quelques ITV à droite à gauche, et d’être publié sur des webzines (comme P58 ou Corridor Elephant). Mais ça reste un parcours très modeste:).

Pour un aperçu détaillé des travaux de Yann, il suffit de vagabonder par là :

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